La télémédecine est assurément un des axes majeurs de développement de la eSanté. Avec la banalisation des dispositifs de type Smartphone, il suffit d’une idée simple, en réponse à une réelle nécessité « terrain » pour accompagner ce développement…

L’activité de chirurgie ambulatoire est caractérisée, en post-opératoire, par une communication souvent difficile avec les patients, faute de de temps. Dès lors, la récolte et l’analyse d’informations relatives au suivi des patients s’avère problématique. C’est, en partie, sur la base de cette constatation que SATELIA, en collaboration avec le CHU de Bordeaux, a proposé son application de télé-suivi. Le service de télémédecine proposé par SATELIA vise à faciliter la communication entre les patients et le personnel infirmier avant et après une intervention en chirurgie ambulatoire.

Avec une application simple et ergonomique, il devient plus facile de détecter les situations à risques, d’augmenter le taux de passage en ambulatoire et surtout de libérer du temps médical et paramédical pour le personnel soignant. En pratique, la veille de son intervention, le patient reçoit un SMS avec un lien vers des informations pratiques et les recommandations d’usage. Le suivi post-opératoire est assuré, le lendemain de l’intervention, par un second SMS associé à un questionnaire médical relatif à l’état de santé du patient. L’application, en qualification au centre François-Xavier Michelet du CHU de Bordeaux, concerne près de 150 patients par semaine.

En ambulatoire, l’application SATELIA permet d’anticiper la phase de préadmission en proposant diverses informations sous forme de textes, d’extraits audio et/ou vidéo directement accessible sur le smartphone du patient. L’application propose des questionnaires pré et postopératoires personnalisables qui, par ailleurs, aident au suivi des indicateurs HAS 2018. De même les systèmes d’alertes et de rappel aux patients par sms sont paramétrables. D’autres spécialités que l’ambulatoire peuvent avantageusement bénéficier du déploiement de SATELIA. Par exemple, en cardiologie, il devient plus facile de prévenir de certaines décompensations et de poursuivre l’éducation thérapeutique du patient jusqu’à son domicile. En oncologie, le praticien peut suivre les incidents survenant en dehors de l’hôpital et, typiquement, visualiser les statistiques d’efficacité et de tolérance d’un protocole en cours avec des filtres par chimiothérapie, par pathologie, etc.

Via leur smartphone, les patients répondent à dix questions, validées scientifiquement par les équipes du CHU de Bordeaux, pour mesurer la perception de la douleur ainsi que le ressenti physique et psychologique. En fonction des réponses, un voyant vert, orange ou rouge s’affiche sur l’interface dédiée aux soignants. Selon les premiers résultats, le personnel infirmier constate une baisse significative des appels quotidiens : en moyenne 10 appels alors que, sans l’application, cette moyenne était plutôt de l’ordre de 60 ! Un gain de temps « soignant » non négligeable pour le personnel…

SATELIA est une startup française proposant des applications dédiées aux métiers de la santé. Créée par Nicolas Pages, interne en anesthésie-réanimation au CHU de Bordeaux et Paul Tiba, directeur d’une compagnie aérienne de rapatriements sanitaires, SATELIA vise à améliorer le quotidien des personnels hospitaliers via l’exploitation de technologies d’intelligence artificielle.

Concernant les praticiens, l’application SATELIA devrait permettre à terme de disposer de données statistiques sur le post-opératoire. Selon Nicolas Pages, « La télémédecine est un secteur très concurrentiel et, outre l’interface, ce qui fera notre valeur ajoutée demain c’est notre capacité à structurer nos données et à les qualifier pour fournir une batterie d’indicateurs aux hôpitaux et à leurs personnels. A terme, on s’oriente vers une logique d’analyse de risques par rapport, par exemple, à l’opportunité d’opérer en ambulatoire. On transmettra nos données au personnel hospitalier qui conservera la responsabilité de prendre une décision. ». Les perspectives de déploiement de l’outil dans d’autres établissements, dans un premier temps dans le Sud-Ouest et en Ile-de-France, étant plutôt bonnes, la startup envisage déjà une levée de fonds au premier trimestre 2019 afin de soutenir ses ambitions nationales et internationales.