Une seule voie d’entrée pour la caméra et les instruments : le CHU Grenoble Alpes s’équipe du robot Da Vinci Single Port pour développer de nouvelles approches en chirurgie gynécologique, mammaire, urologique et digestive. Installé à l’Hôpital Couple-Enfant, il accueillera ses premières interventions la semaine du 30 novembre 2026.
Accéder à des zones anatomiques étroites, réaliser des gestes complexes et limiter les incisions : c’est l’ambition du projet porté par les équipes du CHU Grenoble Alpes autour du robot Da Vinci Single Port. Cette acquisition ouvre de nouvelles possibilités opératoires, notamment en chirurgie mammaire, qui fera partie des activités proposées dès la mise en service.
Un accès unique, des instruments qui se déploient au plus près de la zone à opérer
Le robot Da Vinci Single Port réunit une caméra et trois instruments articulés dans une même voie d’entrée. Une fois introduits dans le corps, les instruments se déploient pour permettre au chirurgien d’intervenir dans des espaces difficiles d’accès. Depuis sa console, celui-ci contrôle chaque geste et dispose d’une vision en trois dimensions magnifiée de la zone opératoire. Cette architecture permet de réaliser certaines interventions par une incision unique ou, lorsque cela est indiqué, par une voie naturelle. Elle élargit ainsi les possibilités de chirurgie mini-invasive, avec l’objectif de réduire le nombre d’incisions et leur visibilité. En gynécologie, la voie vaginale robot assistée permettra notamment d’envisager certaines opérations sans cicatrice abdominale.
La chirurgie mammaire au cœur du projet
À l’Hôpital Couple-Enfant, où sont prises en charge les pathologies gynécologiques et les cancers de la femme, les équipes souhaitent développer une nouvelle approche de la mastectomie avec reconstruction immédiate. Pour certaines patientes, le robot Da Vinci Single Port permettra de réaliser l’intervention en conservant l’enveloppe cutanée du sein, par une incision discrète située à distance de celui-ci, notamment au niveau de l’aisselle. Cette technique pourra être proposée dans le cadre du traitement d’un cancer ou d’une chirurgie préventive chez des patientes présentant une prédisposition génétique, après évaluation de leur situation médicale. Elle répond à un enjeu important du parcours de soins : prendre en compte l’image corporelle et la place des cicatrices dans le vécu de l’intervention et de la reconstruction.
« Avec cette nouvelle approche, la patiente est au cœur de notre démarche : lui offrir, dans un même temps opératoire, une chirurgie du cancer rigoureuse et un reconstruction mammaire immédiate, tout en préservant au maximum son image corporelle grâce à l’absence de cicatrice visible sur le sein. » Dr Anne-Cécile Philippe, chef de service de gynécologie.
Un équipement partagé par quatre spécialités
Au-delà de la chirurgie mammaire, le robot Da Vinci Single Port accompagnera le développement de plusieurs activités. En gynécologie, il sera utilisé pour certaines interventions pelviennes complexes, notamment en cancérologie, dans la prise en charge de l’endométriose et pour certaines hystérectomies.
En urologie, les équipes prévoient des interventions de chirurgie pelvienne et fonctionnelle, de reconstruction des voies urinaires ainsi que certaines ablations du rein. En chirurgie digestive, l’activité débutera par des opérations de hernies et de la vésicule biliaire, avant de s’étendre à la chirurgie du côlon et du rectum. Dans un second temps, le projet est d’intégrer d’autres spécialités chirurgicales telles que la chirurgie pédiatrique ou ORL.
Ce déploiement progressif s’accompagnera de la formation des équipes et de l’évaluation des prises en charge. Il doit également soutenir le développement de l’ambulatoire pour les interventions et les patients qui s’y prêtent. En associant plusieurs spécialités autour de cet équipement, le CHUGA renforce ses activités de soins, de formation et de recherche clinique, avec un axe particulier
consacré à la chirurgie mammaire robot-assistée.




